Vanity Fair France - Septembre 2020

Vanity Fair France - Septembre 2020

French | 132 pages | PDF

En plus de son portrait, qui fait notre couverture, nous avons réalisé trois sujets qui lui tenaient à coeur : une rencontre avec RaymondDepardon, une autre avec la productrice de 120 Battements parminute et un portfolio d’Antoine d’Agata. Aumoment même où tout cela prenait forme, je lisais ceci en parallèle : « On dit que le sauvage en nous a disparu, que la civilisation touche à sa fin, que tout a déjà été dit et que nous venons trop tard pour être ambitieux. Mais ceux qui philosophent ainsi ont de toute évidence oublié qu’il existe le cinéma. » Lorsque Virginia Woolf écrit cesmots qui ouvrent son
essai intitulé Le Cinéma, publié en juin 1926 dans la revue new-yorkaise Arts (et disponible en français dans le recueil Essais Choisis, Folio classique, n° 5895), la romancièreparle d’une révolution enmarche dans sonmonde. Révolution culturelle quimet àmal tous les tenants de la réaction et desmondes
d’avant dans lesquels il est souvent plus aisé de se réfugier. Le souvenir cajolemieux l’esprit que les rugosités du présent ou lesmystères de la nouveauté. J’avais cela en tête au moment d’inviterMarina Foïs pour ce numéro de rentrée. Carcette actrice est sans pareille pour ses choix, ses goûts, ses engagements et ses positions qui disent lemonde d’aujourd’hui. Son langage n’a pas non plus de barrière : sa voix nous importe, elle est une sorte deMarianne républicaine idéale, à la fois apaisante et révolutionnaire, constamment sur le qui-vive. Ce qu’elle a fait avec nous de ce numéro, fait penser, par un étrange et élégant ricochet, auxmots du regretté critique et théoricien anglaisMark Fisher : « Il faut saisir la longue et sombre nuit de la fin de l’histoire comme une immense occasion. » Saisir la nuit, tout saisir, maintenant.

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